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Robotique et Intelligence Artificielle, les travailleuses plus concernées que les travailleurs

Les robots et l’intelligence artificielle vont piquer nos boulots. Back office, chauffeurs/pilotes/livreurs, caissières, guichetiers…la liste s’allonge avec les avancées techno-digitales. Et nous sommes conscients que nous n’en sommes qu’au début. C’est pourquoi il est important de prendre en considération dès aujourd’hui un fait primordial : les femmes sont plus concernées que les hommes par le grand remplacement à venir.

 


Le concept d’Intensité de Tâches Routinières

Sans trop schématiser, il est possible de diviser l’exercice d’un travail en deux catégories : un travail fait de tâches routinières, un travail non-routinier (conception, management, négociation…). Partant de cette division le Fond Monétaire Internationale (FMI) a élaboré l‘indice de Routine Task Intensity (RTI) : peu de tâches requérant des qualités analytiques ou interpersonnelles ou du travail physique, plus de tâches caractérisées par un manque de flexibilité, peu d’apprentissage dans le travail, répétitivité élevée… Cet indice est considéré comme un bon indicateur pour déterminer si un travail peut être remplacé ou non par un robot et/ou une intelligence artificielle. Plus un travail à un indice élevé plus il est en risque.


Inégalité des genres et RTI

Dans une étude publiée en octobre 2018, le FMI fait un constat : en moyenne l’indice RTI des femmes est de 13% plus élevé que celui des hommes. Ainsi aux USA alors qu’elles occupent un peu moins de 50% du total des emplois, ce sont 57% de leurs jobs qui pourraient être automatisés (i.e. remplacés).

Les théoriciens de la ‘destruction créatrice’ nous expliquent que si un secteur d’activité disparait un autre émerge et finalement vive le progrès. Peut-être. Mais force est de constater que les femmes sont aujourd’hui très faiblement représentées dans les emplois technologiques : elles ne représentent que 22% des salariés dans le domaine de l’Intelligence Artificielle et nombreux sont les études et articles sur le manque de femmes ingénieurs, programmateurs, codeurs…


L’illusion des emplois dans les services à la personne

Ou l’on nous raconte la belle histoire du gisement d’emplois pour accompagner nos séniors (la ‘grey-economy’). Effectivement aux USA les femmes occupent 84% des jobs de l’accompagnement à domicile (seniors et malades) et 94% pour ce qui est des soins à l’enfance. En passant sur le fait que ce travail peut être ingrat, mal payé, peu reconnu, sans possibilité de se qualifier…. il faut surtout prendre en compte les progrès des robots/IA dans le domaine du ‘care’ (désolé pour l’anglicisme mais allez traduire care en français…) et le fait que les séniors eux-mêmes sont de plus en plus technophiles.


Identifier un problème c’est pouvoir anticiper la solution

Heureusement le tableau n’est pas si sombre. Par exemple le World Economic Forum a lancé le 8 mars un nouveau projet dont l’objectif est de demander aux entreprises d’identifier les 5 jobs dont le développement devrait être le plus important dans l’avenir. Cette identification faite, les entreprises devront mettre en place des programmes pour garantir l’égalité homme/femme (formation, flexibilité..).


Une initiative à prendre en exemple. En s’interrogeant pour savoir comment, par exemple, la grande distribution ou les banques vont non-seulement gérer l’automatisation des métiers tout en garantissant le parité.


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