armee populaire chine

Le Vietnam prochain terrain de jeu de l’Armée Populaire de Chine ?

Lecture 3 min. Si la Chine veut un jour envahir Taïwan, il est possible qu’un conflit avec le Vietnam soit une bonne façon de se préparer.

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A la différence des Échecs, au début d’une partie de Go, l’aire de jeu est vide. Ce n’est que petit à petit que les pierres blanches et noires occupent le terrain, forment des espaces d’influence, des territoires revendiqués par l’un des joueurs. Les adversaires procèdent par étapes, circonvolutions, les objectifs stratégiques se révèlent progressivement.

En considérant la géo-politique chinoise sous l’angle du Go, il est une étape intéressante à considérer, celle de la suprématie sur les accès maritimes encerclant Taïwan : le détroit de Miyako et le chenal de Bashi.

Une Armée Populaire à transformer

Pour la Chine Populaire, Taïwan est (et de toutes les façons redeviendra) une province chinoise. Mais pour cela, il faut une armée et une armée crédible. Car seule la crédibilité de l’ALP (Armée de Libération du Peuple) comme outil militaire permettra de peser dans cette guerre froide qui oppose Chine/Taïwan/USA et par extension Vietnam, Japon, Philippines, Australie… Ou, pour résumer ce conflit larvé en une question simple, qui dominera la Mer de Chine du Sud.

Que l’appareil politique – Le Parti Communiste Chinois – décide d’envahir militairement Taïwan ou qu’il se contente d’une pression militaire de plus en plus intense (construction d’iles artificielles pouvant servir d’aéroports pour les bombardiers stratégiques, revendications territoriales sur les nombreux ilots inhabités parsemant ce terrain de jeu maritime), il faut au leader à vie – Xi Jiping – une armée faisant peur, une armée efficace, une armée crédible.

Or depuis la défaite de 1979 contre le Vietnam, l’ALP est le maillon faible de la stratégie politique chinoise. C’est ce qu’a encore récemment avoué Xi Jiping quand en octobre 2017 il a appelé à ce que l’ALP se transforme en une armée de ‘classe mondiale’ d’ici à 2050. Constat en creux qu’elle n’est pas encore en mesure de combattre une armée elle de ‘classe mondiale’, celle des USA qui assure la survie de Taïwan (et par extension du Japon, des Philippines…).

Le Vietnam en hors d’œuvre

Quitte à entrainer, endurcir, éprouver et faire monter en compétence son armée, contre quel pays la Chine pourrait-elle – hypothétiquement – mener une guerre ?

L’Inde ? Grand rival régional, un conflit avec l’Inde pourrait avoir un certain intérêt. Mais la frontière séparant ces deux pays est essentiellement composée de montagnes (Himalaya). Cela est certes intéressant pour aguerrir les troupes alpines mais ni l’armée de l’Air ni la Flotte ne seraient impliquées.

La Corée du Sud ? Hélas, ce pays du Matin Calme représente l’inconvénient de cantonner le conflit à un engagement principalement terrestre.

En fait, si l’ALP doit valider sa capacité à envahir Taïwan, le seul ennemi potentiel efficient serait le Vietnam. Déjà en 1988 une brève escarmouche a permis à la Chine d’occuper quelques récifs au dépend du Vietnam. Et c’est justement ce conflit à basse intensité pour la revendication par ces deux pays des quelques ilots de Mer de Chine du Sud qui donne de la valeur à un engagement militaire contre cet autre pays du marxisme. Impliquant l’Armée de l’Air, la Marine et les forces de débarquement, il y a comme un air de répétition générale à engager un conflit avec le Vietnam.

Autre ‘atout’ d’un conflit avec le Vietnam, celui de ne pas impliquer les États-Unis. Alors que les USA ont explicitement démontré leur soutien au Japon, aux Philippines lors des dernières accrochages survenus avec la Chine, il est clair qu’ils ne soutiendront pas le Vietnam en cas de conflit armé avec la Chine. Ce ne sont pas des protestations officielles à la tribune de l’ONU qui pourrait faire fléchir Xi Jiping. Et comme de toutes les façons la guerre commerciale a déjà commencé entre ces deux pays-continents, c’est une carte que ne peuvent plus jouer les USA pour peser dans la région.

Troisième et dernier atout du Vietnam, et il est révélateur : une guerre contre ce pays est gagnable. Non seulement les troupes terrestres vietnamiennes ne pourraient résister longtemps à celles de l’ALP mais aussi et surtout le Vietnam n’a pratiquement aucune forces aériennes et maritimes à opposer à son grand voisin. Sans compter que l’ALP a une revanche à prendre après l’infamante défaite de 1979 contre ce petit pays voisin.

Géo-politique fiction, il faut bien évidemment le souhaiter. Mais à suivre la montée en puissance de l’ALP (mise en service de porte-avions, de sous-marins stratégiques, de bombardiers stratégiques, déclarations plutôt belliqueuses de Xi-Jiping…), il faudra suivre avec attention toutes les nouvelles nous parvenant de cette zone qui pourrait être le prochain théâtre d’opération d’un conflit majeur.

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