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Plus tôt la maladie d’Alzheimer est diagnostiquée, meilleures sont les chances que les médicaments fonctionnent, selon un expert en santé

Une voie prometteuse pour le diagnostic précoce consiste à détecter des biomarqueurs – des signatures biologiques des lésions causées par la maladie.

Plus tôt la maladie d'Alzheimer est diagnostiquée, meilleures sont les chances que les médicaments fonctionnent, selon un expert en santé

Dans le monde, environ 50 millions de personnes souffrent de démence, dont près de 60 % vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire et chaque année, il y a environ 10 millions de nouveaux cas.

La maladie d’Alzheimer, la forme la plus courante de démence, est caractérisée par des lésions cérébrales qui peuvent provoquer des pertes de mémoire dévastatrices et des changements de comportement. Elle touche quelque 30 millions de personnes dans le monde.

Des décennies de recherche n’ont pas réussi à produire un remède, une prévention ou un traitement fiable.

A l’occasion de la Journée mondiale d’Alzheimer, l’expert Bruno Dubois raconte AFP pourquoi l’une des voies de traitement les plus prometteuses dépend du diagnostic précoce.

Voici des extraits de l’entretien :

Sommes-nous proches d’un traitement efficace ?

La clé est de poser un diagnostic le plus tôt possible, car nous sommes presque certains d’avoir des médicaments qui fonctionneront mieux plus ils seront prescrits tôt.

Ces traitements agissent sur les lésions associées à la maladie d’Alzheimer mais ne sont efficaces que dans la première phase de la maladie. Au moment où un patient présente des symptômes avancés, il est trop tard, nous ne pouvons pas réparer les dommages déjà causés.

Comment détecter la maladie d’Alzheimer avant l’apparition des symptômes ?

Une voie prometteuse pour un diagnostic précoce consiste à détecter des biomarqueurs – des signatures biologiques des lésions causées par la maladie.

Avant, nous avions besoin d’imagerie cérébrale sophistiquée ou de ponctions lombaires pour les détecter. Aujourd’hui, les tests sanguins commencent à donner des résultats prometteurs (sur de larges cohortes), même s’ils ne sont pas encore fiables au niveau individuel.

Nous pourrons peut-être bientôt identifier les personnes à risque qui sont asymptomatiques mais qui ont des lésions, c’est encore un domaine de recherche active.

Cette méthode seule suffit-elle pour diagnostiquer quelqu’un ?

Non. Nous ne sommes pas du tout prêts à utiliser ces techniques en pratique clinique.

La présence de lésions ne signifie pas nécessairement que la maladie va se développer, il y a donc un grand risque de voir tous les patients présentant des lésions comme potentiellement malades.

Nous ne voulons pas exposer les gens à des médicaments potentiellement dangereux pour prévenir une maladie qu’ils pourraient ne jamais contracter en premier lieu. Vous pouvez détruire la volonté de vivre d’une personne en lui disant qu’elle va attraper la maladie d’Alzheimer, alors qu’en fait, elle pourrait ne jamais l’avoir du tout.

Pour un patient plus âgé, disons 75 ans, avec des troubles de la mémoire confirmés par des tests, qui se désoriente à temps ou dans un nouveau quartier, et qui ne se souvient pas des événements récents, dans ce cas des tests biologiques pour les lésions sont justifiés.

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