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« Old » le récit de la renaissance signé M. Night Shyamalan (Review)

Ou vous l’aimez, ou vous le détestez. Rares sont les cinéastes dont la filmographie a pris une position aussi polarisante entre les fans de thriller et d’horreur. Et est-ce qu’à chaque fois que nous voyons une nouvelle bande-annonce de M. Night Shyamalan, le spectateur doit supposer qu’il doit être prêt à rencontrer l’inattendu ?
Bien que cette formule du « complot twist » ait fonctionné dans des films tels que « The Sixth Sense », « Unbreakable » ou « The Village », même les fans les plus passionnés du cinéma de Shyamalan reconnaissent que le cinéaste a présenté trop d’erreurs dans sa carrière ou du moins assez pour que le public hésite à entrer dans l’univers de ses nouveaux films.

Mais dans le cas de son dernier film  « Old », Shyamalan fait à nouveau approcher les spectateurs de l’abîme qui se sentiront sans doute agités, mais fascinés par l’univers étrange qu’il a créé. Tout cela dans un endroit magnifique sur une île tropicale dans laquelle, avec une cohérence solide dans son style narratif, on est amené à naviguer entre suspense et humour noir au point de créer une suspension complète de la réalité, aussi absurde soit-elle.
Guy (Gael García Bernal) et Prisca (Vicky Krieps) forment un couple qui, au bord de la séparation, a emmené ses enfants dans un hôtel paradisiaque sur une île tropicale. Emmenée par le gérant sur une belle plage privée à l’écart de ses installations, la découverte d’un corps dans les vagues déclenche une série d’événements de plus en plus étranges et inquiétants.
Le style avec lequel « Old » raconte les mésaventures de ses personnages rappelle beaucoup la série classique « The Twilight Zone » ou « The Exterminate Angel » de Luis Buñuel, présentant un micro-univers habité par des groupes de voyageurs inconnus les uns des ne peuvent s’empêcher de ressentir de la méfiance entre eux en raison de l’impossibilité de s’échapper de l’endroit étrange où ils se trouvent.
Shyamalan utilise à nouveau ses gros plans habituels, mais cette fois le suspense parvient à être vrai puisque la caméra cache délibérément certains éléments qui serviront à choquer le spectateur face aux changements soudains auxquels les personnages sont confrontés, s’avérant être un cinéaste capable de créer des langages audiovisuels de premier niveau.
Dans « Old », le réalisateur fait en sorte que les performances de ses personnages, aussi étranges qu’elles puissent paraître dans une situation normale, fonctionnent efficacement dans la logique interne du film. L’étrange mécanique initiale entre Gael García Bernal et Vicky Krieps parvient à culminer avec un arc de développement extrêmement émouvant, faisant particulièrement briller l’acteur mexicain.
Alex Wolff et Thomasin McKenzie parviennent de manière crédible à adopter le rôle d’enfants qui ont grandi trop vite, même s’il y a des moments où ils montrent délibérément une partie de leur « maturité », même si cela est dû à l’exigence du scénario. Le reste des personnages semble être conçu uniquement dans le cadre de la toile de fond de l’histoire, bien que l’objectif du film ne les rende pas distrayants.
« Old » est un film plein de conjectures dans lequel la « tournure finale », bien que pas si « surprenante », n’est pas une distraction qui évite de profiter de la mosaïque générale dans laquelle M. Night Shyamalan a livré un film visuellement captivant avec une exécution intéressante qui peut être apprécié sans aucune prétention.
« Old » est exactement le genre de récit qui fait de M. Night Shyamalan un véritable visionnaire dans le sens propre du terme. Un cinéaste qui n’a pas peur d’échapper aux conventions du genre cinématographique, auxquelles il s’adresse et, quelle que soit la dureté des critiques à son encontre, trouve toujours le courage de continuer à faire ce qu’il aime : raconter des histoires.

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