L’eye tracking ou ces progrès qui nous dérangent

Eye tracking
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Eye Tracking (ou oculométrie en français) permet de mesurer où une personne regarde. Cette technologie permet ainsi de comprendre et de caractériser les comportements à travers la perception visuelle.

Nous reprenons cette définition sur le site de la société Tobii Pro qui vous propose produits et services d’eye tracking. Neuroscience, recherches cliniques, amélioration des performances professionnelles… les champs d’intérêts sont vastes et nous vous laissons les découvrir ici.

Temps de cerveau disponible

Si nous avons décidé d’écrire une chronique sur ce sujet c’est qu’à peine conçue elle est déjà pervertie… en effet la société US PreShow – encore en mode lancement sur Kickstarter – se propose de vous échanger du temps de visionnage de publicité contre des places de cinéma.

Obtenir un cadeau bonus en échange de votre temps n’est pas nouveau. D’ailleurs la publicité n’est-elle autre chose (voyez le temps de cerveau disponible des spectateurs de TF1). Mais là où PreShow innove c’est en utilisant la technologie Eye Tracking.

Détails : vous téléchargez l’application PreShow sur votre smartphone, vous vous engagez à regarder 15mn de publicité pour gagner un ticket de cinéma. Et si vous posez votre téléphone en attendant que cela passe ou si votre regard se tourne de la publicité, l’eye tracking le comprend et le déroulé de la publicité s’arrête. Pour obtenir votre cadeau vous devez reprendre et finir le visionnage de la publicité.

PreShow ayant déposé un brevet pour sa technologie d’eye tracking, les inventeurs comptent bien intéresser d’autres secteurs que le cinéma. Le visionnage de la publicité pourrait devenir obligatoire pour enfin lire votre journal-préféré-et-gratuit-sur-votre-téléphone, obligatoire pour regarder une vidéo Youtube…

Comme un malaise

Pourquoi cette technologie nous met-elle mal à l’aise ? Le fait d’être traqué ? Le caractère obligatoire, la crainte de devoir subir des vidéos non-désirées qui pourraient dans certains cas être des outils de propagande, désinformation, endoctrinement ? Quel régulateur pourra contrôler les messages délivrés ? Tout cela bien sûr mais comme nous sommes des adultes responsables nous saurons refuser cette aliénation. Mais est-ce si sûr ? Car qui est la victime toute désignée ? Qui, trouvant une place de cinéma trop cher – de manière générale ou surtout par rapport à son pouvoir d’achat – qui cédera aux sirènes du c’est gratuit alors j’accepte ? Sans doute une population n’ayant pas la possibilité de faire autrement, une population fragile face aux manipulations qu’elles soient marketing ou politique… en laissant aux sociologues le soin de la caractériser.

Vous pensez à Orange Mécanique ? Vous avez bien raison !

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