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Le microbiote intestinal affecte la fonction cérébrale et la régulation de l’humeur

, 11 déc. () –

Des scientifiques français de l’Institut Pasteur, de l’Inserm et du CNRS ont montré qu’un déséquilibre de la communauté bactérienne intestinale peut entraîner une diminution de certains métabolites, entraînant des comportements dépressifs. Ces résultats, publiés dans la revue scientifique «Nature Communications», montrent qu’un microbiote intestinal sain contribue au fonctionnement normal du cerveau.

La population bactérienne de l’intestin, connue sous le nom de microbiote intestinal, est le plus grand réservoir de bactéries du corps. La recherche a de plus en plus montré que l’hôte et le microbiote intestinal sont un excellent exemple de systèmes avec des interactions mutuellement bénéfiques. Des observations récentes ont également révélé un lien entre les troubles de l’humeur et les dommages au microbiote intestinal.

À l’aide de modèles animaux, des scientifiques ont récemment découvert qu’une modification du microbiote intestinal causée par un stress chronique peut conduire à des comportements de type dépressif, notamment en provoquant une réduction des métabolites lipidiques (petites molécules résultant du métabolisme) dans le sang et le cerveau.

Ces métabolites lipidiques, appelés cannabinoïdes endogènes (ou endocannabinoïdes), coordonnent un système de communication dans le corps qui est considérablement entravé par la réduction des métabolites. Le microbiote intestinal joue un rôle dans la fonction cérébrale et la régulation de l’humeur

Les endocannabinoïdes se lient aux récepteurs qui sont également la cible principale du THC, le composant actif le plus connu du cannabis. Les scientifiques ont découvert que l’absence d’endocannabinoïdes dans l’hippocampe, une région clé du cerveau impliquée dans la formation des souvenirs et des émotions, entraînait des comportements dépressifs.

Les scientifiques ont obtenu ces résultats en étudiant le microbiote des animaux sains et des animaux souffrant de troubles de l’humeur. « Étonnamment, le simple transfert du microbiote d’un animal souffrant de troubles de l’humeur à un animal en bonne santé a suffi à provoquer des changements biochimiques et confèrent à ces derniers des comportements de type dépressif », explique l’un des responsables de la recherche, Pierre-Marie Lledo.

Les scientifiques ont identifié certaines espèces bactériennes qui sont considérablement réduites chez les animaux souffrant de troubles de l’humeur. Ils ont ensuite montré qu’un traitement oral avec les mêmes bactéries rétablissait des taux normaux de dérivés lipidiques, atténuant ainsi les comportements dépressifs. Par conséquent, ces bactéries pourraient servir d’antidépresseurs. Ces traitements sont connus sous le nom de «psychobiotiques».

« Cette découverte montre le rôle que joue le microbiote intestinal dans le fonctionnement normal du cerveau. S’il y a un déséquilibre dans la communauté bactérienne intestinale, certains lipides vitaux pour le fonctionnement cérébral disparaissent, favorisant l’apparition de comportements dépressifs. Dans ce cas particulier , l’utilisation de bactéries spécifiques pourrait être une méthode prometteuse pour restaurer un microbiote sain et traiter plus efficacement les troubles de l’humeur », conclut un autre des auteurs, Gérard Eberl.

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