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La fille au bracelet : Adolescence sur le banc

Le cinéaste français Stéphane Demoustier raconte que la genèse de son projet est née de la lecture d’un cas similaire à celui qu’il a romancé dans « La fille au bracelet » en Argentine. Mais la vraie raison qui l’a poussé à écrire et réaliser son troisième film, ce sont ses enfants. Lorsqu’il est devenu père, il a commencé à se demander jusqu’à quel point il est possible de connaître la chair de sa chair. Elle entreprend alors de façonner cette surprenante histoire d’épreuves dans laquelle elle dresse le portrait d’une génération, non pas celle de la protagoniste adolescente, mais plutôt celle de ceux qui la regardent depuis la chambre. Et, soit dit en passant, aux spectateurs.

Je pense que nous demandons constamment à ceux d’entre nous qui ont des enfants, d’une certaine manière, à quel point nous les connaissons. Cette idée d’avoir quelqu’un de si proche de soi et qui peut être si différent loin de soi est toujours « , explique le cinéaste, de passage à Madrid pour présenter un film dans lequel, petit à petit, dans le cadre du jury, les Parents, et le public perce les mystères entourant cette adolescente que la police accuse d’avoir assassiné sa meilleure amie. Selon le parquet, la raison qui l’aurait amenée à commettre un acte aussi sauvage. Elle s’excuse : la victime était encore en vie lorsqu’elle a quitté la maison après une fête avec des camarades de classe du lycée.

CHOSES D’ÂGE

Depuis le banc, l’accusée commence à voir comment le parquet prépare un arsenal de preuves qui va des enregistrements des téléphones portables de ses collègues aux messages sur les réseaux sociaux. L’un d’eux était une menace de mort. « Il a publié qu’il voulait la tuer comme il l’avait déjà dit: » Je t’aime « . Nous le disons tous sans signification », raconte l’un des témoins, qui partageait un bureau avec le protagoniste. J’étais attiré par l’envie de tourner un procès, ce qui est très cinématographique, mais qu’est-ce qui m’intéressait ? On ne le voit pas dans les films de procès américains, c’est que le spectateur est dans la même situation que quelqu’un qui assiste à la salle d’audience : dans un procès où il n’y a pas de preuve irréfutable au moment du verdict, les doutes sont toujours là, et je veulent que le public, chacun selon son expérience, se mouille d’une manière ou d’une autre, explique le cinéaste.

Pour confirmer sa démarche, Demoustier a réuni des jeunes de l’âge de son personnage central pour l’aider à rendre crédibles ses expériences et surtout ce que le juge et le jury ont vu sur les « smartphones » des garçons. « Je ne voulais pas que ce portrait que je présente des jeunes soit quelque chose qui réponde à mes fantômes », pointe-t-il à propos des cas de chantage chez les adolescents à travers des vidéos intimes. Ce qui a attiré mon attention, c’est que j’avais peur d’aller trop loin avec ces vidéos, d’avoir trop fantasmé. Et je les ai montrés à des adolescents, et ils m’ont tous dit qu’ils connaissaient et connaissaient des gens qui leur étaient arrivés comme ça. Ce genre d’histoires est déjà quelque chose de banal pour eux. Fade non, parce que c’est violent pour ceux qui le vivent, mais c’est attendu », explique le réalisateur, qui concentre toute cette expérience dans le regard de la débutante Melissa Guers, qui élève cette manière originale de raconter les préjugés sur l’adolescence.

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