dans

La Chine détecte le premier cas confirmé de grippe aviaire H10N3 chez l’homme: une souche peu préoccupante, mais un problème croissant

Un patient de 41 ans de la province de Juiangsu, au nord-ouest de Shanghai, est devenu le premier cas confirmé de la souche de grippe aviaire H10N3 chez l’homme, comme annoncé ce mardi par le gouvernement de Pékin. Il a été hospitalisé le 28 avril et, à notre connaissance, il est sorti quatre jours plus tard sans compliquer la maladie.

« L’infection est une transmission accidentelle entre les espèces », a expliqué la Commission nationale de la santé. Par conséquent, « le risque de transmission à grande échelle est faible. » Et, pour autant que nous sachions sur ces types de souches, c’est vrai. Cependant, il est toujours curieux que ce saut vers l’homme se produise quelques mois après que la Russie a détecté le premier cas de la souche H5N8 chez l’homme. Que se passe-t-il cette année avec la grippe aviaire?

MOINS DE 100 JOURS POUR L’IMMUNITÉ DE GROUPE: vers un AVENIR sans PANDÉMIE

A priori, une souche sans problème

Pour l’instant, on en sait peu plus sur le cas chinois du H10N3 et, si tout évolue normalement, on n’aura pas trop d’informations supplémentaires. Fondamentalement, car contrairement au N5H8 (qui est répandu dans le monde et pas plus tard qu’en 2017, il a forcé 800000 oiseaux à être abattus en France pour tenter de contrôler la transmission de la maladie) ce n’est pas une souche très répandue.

Au cours des 40 dernières années, seuls 160 cas ont été identifiés dans le monde. Surtout chez les oiseaux sauvages d’Asie et de certaines régions d’Amérique du Nord. À ce jour, aucun cas n’a été identifié chez les poulets, par exemple. Il est évident que il sera nécessaire d’analyser moléculairement le virus et d’étudier son éventuel impact à long terme, mais nous sommes confrontés à une menace très contrôlée.

Cette contraste avec les mesures prises dans le cas de la Russie, lorsque le Rospotrebnadzor (l’agence de santé russe) a lancé un appel international pour commencer à concevoir des tests rapides et des kits de PCR pour diagnostiquer la souche H5N8 et commencer le développement de «vaccins modèles» sur lesquels travailler en cas d’épidémie.

Dans un contexte comme l’actuel, avec la pandémie COVID-19 toujours active, il est logique que cette nouvelle attire l’attention de tous. Cependant, il ne faut pas oublier que la grippe est un virus caméléon et qu’il existe un nombre immense de souches en circulation. Beaucoup d’entre eux n’affectent pas les humains, mais sauter à notre espèce relativement fréquemment sans causer de problèmes majeurs. Cela semble être le cas.

Ce ne sera pas toujours le cas. Comme nous le savons, depuis les années quatre-vingt du siècle dernier, les flambées épidémiques n’ont fait que croître, stimulées par le changement climatique, la mondialisation, les changements démographiques, le développement technologique et la pression évolutive. Le SRAS-CoV-2 en est un bon exemple. La bonne nouvelle est qu’en dépit d’être peu préoccupante, les systèmes de contrôle épidémiologique ont réussi à l’identifier.

Photo | Hao rui

45secondes est un nouveau média, n’hésitez pas à partager notre article sur les réseaux sociaux afin de nous donner un solide coup de pouce. 🙂