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Investir, sereinement, dans le vice. Ohh oui…

Lecture 2 min. Le vice est une notion relative car morale. Pourtant investir dans le vice peut être très rentable. Alors morale ou rentabilité ? Choix cornélien (ou pas).

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Alors qu’il vient de s’évader de la prison des Plombs à Venise, Giacomo Casanova trouve refuge à Paris. Intriguant grâce à ses ‘followers’ de l’époque qui n’en peuvent mais du ridicule qu’il a infligé aux autorités de la Sérénissime, il parvient à se faire présenter au Duc de Choiseul, contrôleur général des finances de Louis XV.

« Me voila de nouveau dans le grand Paris en devoir d’y faire fortune […]. Je voyais que pour parvenir à quelque chose, j’avais besoin de mettre en jeu toutes mes facultés physiques, et morales, de faire connaissance avec des grands, et des puissants, d’être le maître de mon esprit, et de prendre la couleur de tous ceux auxquels je verrais que mon intérêt exigeait que je plusse. »

Séduisant, brillant mathématicien, à court d’argent tout comme le Royaume, Casanova réussit à obtenir le droit de créer une loterie dont les bénéfices permettront au Roi et sa favorite Madame de Pompadour de créer l’Ecole Militaire. Et à l’abbé défroqué de se refaire les poches. (le cahier Casanova de la BnF, c’est ici).

Ce n’est évidement pas le premier investissement d’un particulier ou d’un Etat dans une loterie mais c’est un exemple éclairant de ce que l’investissement dans le vice (en l’occurrence le Jeu) peut produire des bénéfices intéressants (l’Ecole Militaire étant l’un des plus beaux bâtiments de Paris).

Investing in good companies operating in “bad” industries

Désolé pour ces quelques mots en anglais mais ils nous semblent parfaitement résumer le propos de cette chronique. Et surtout ils sont extraits de la présentation (minimale) de la société Vice Ventures (ici).

Vous connaissez des milliardaires ou multi-millionnaires ayant fait fortune grâce au Sexe. Mais si, au moins deux : Xavier Niel qui a la clairvoyance d’investir dès 1984 dans le Minitel Rose, des peep-shows et des sex-shops. Et feu Hugh Marston Hefner (A.KA. Hef), le fondateur et propriétaire américain du magazine de charme Playboy.

Le business du Sexe, du Jeu, des Drogues (alcool, tabac, cannabis, cocaïne, pétrole…) se porte bien merci pour lui. En n’oubliant pas que si l’offre existe c’est qu’elle rencontre une demande (et pas besoin de stimuler la demande comme le prouve les chiffres des connexions à Pornhub dans les pays musulmans : Six des huit pays les plus consommateurs de pornographie seraient des pays musulmans ).

Ce marché est soit régulé voire monopolisé par l’Etat : Française des Jeux, Régie des Tabacs… soit il est ouvert aux entreprises privées qui accèdent à ce paradis en s’acquittant d’une taxe spécifique ou non (accises sur l’alcool et l’essence par exemple).

Une offre légale, une consommation pérenne et en forte croissance quand le produit devient juridiquement et socialement acceptable/accepté ? Tout investisseur se respectant flairerait le bon coup. C’est ce que pense et considère la société Vice Ventures qui vient de lever 25 millions $ pour pouvoir investir en amorçage dans les nouvelles startups du vice.

L’ouverture progressive, généralisée, en accélération du marché du cannabis récréatif et celle des boissons alcoolisées pour les générations Y et Z sont les premiers marchés porteurs identifiés. Vice Ventures investit un ticket minimal de 500.000$. Alors si vous avez une idée de vice à développer et rentabiliser n’hésitez pas à préparer et envoyer votre business plan à ce fond qui ose regarder le business objectivement.

« It’s not personal (i.e moral), Sonny. It’s strictly business. »

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