sommeil biphasique

Nos ancêtres ne dormaient pas comme nous (et ils avaient tort)

Lecture 2 min. Le sommeil biphasique fut longtemps la norme. Ainsi les insomnies ne seraient finalement qu’une réponse biologique pour retrouver ces temps anciens.

sommeil biphasique

Un tiers. Le sommeil représente un tiers de notre vie. Et pourtant que savons-nous de l’évolution de cette activité de l’antiquité à nous jour ?

Un historien enquête

Vous vous réveillé à 2h du matin en pleine forme, et cela se reproduit pratiquement chaque nuit ? Ne soyez pas inquiète. Vous n’êtes pas insomniaque. Simplement vous retrouvez un rythme de sommeil qui fut longtemps la norme. C’est ce que l’on appelle le sommeil biphasique.

A. Roger Ekirch a publié un livre en 2005 At Day’s Close : Night in Times Past, non traduit en français. Cet historien de la Virginia Tech a passé des heures à lire des livres anciens, des comptes-rendus de jugement, des journaux intimes, des échanges de lettres et des rapports médicaux pour comprendre comment dormaient nos ancêtres. Il a mis à jour plus de 500 références faisant état d’un sommeil en 2 étapes. Par exemple dans l’Odyssée d’Homère, dans la balade du Vieux Robin de Portingale. Le sommeil en deux temps semblait être la norme en ces temps anciens.

Dormir, se réveiller, se rendormir

Un premier sommeil d’une durée de 2 à 3h après le repas pour un réveil vers minuit. Puis 2 ou 3h d’activités. Et enfin le second repos jusqu’au réveil naturel.

Que faisait nos ancêtres entre deux sommes ? Ils priaient, ils socialisaient et surtout ils faisaient l’amour. Ainsi dans les Contes de Canterbury – série de vingt-quatre histoires écrites par Geoffrey Chaucer entre 1387 et 1400 – il est précisé que si la classe des pauvres avait plus d’enfants c’est parce qu’ils occupaient leurs heures de veille à ‘procréer’. Un médecin français du 16ème siècle recommandait d’ailleurs de placer cette activité non pas avant le premier sommeil mais au moment de la veille de mi-nuit. Les amants y trouvant “plus de plaisir” car ils étaient en condition d’être “plus performants”.

Cette pause nocturne avait aussi un intérêt pratique : rallumer ou raviver le feu de la cheminée qui longtemps fut le seul moyen de chauffage.

Puis vint la lumière

Selon Craig Koslofsky, dans son livre Evening’s Empire, c’est l’apparition de la lumière ‘moderne’ – diminution du coût des bougies et surtout invention de la lumière électrique – qui allait mettre fin au sommeil biphasique. Les activités nocturnes, celles d’après le coucher du soleil, se sont développées. Et nos aïeuls se couchèrent plus tard, plus fatigués.

Concurremment c’est à ce moment de bascule qu’apparait dans la littérature le concept de l’insomnie. Certains y voyant comme une réponse biologique à un sommeil d’une seule traite. Une expérience menée en 1990 semble le confimer. Des individus plongés dans le noir 10h par jour pendant un mois se sont mis à retrouver un mode de sommeil biphasique.

Mais, et la science est unanime sur ce point, rien ne vaut une nuit de repos complète. D’ailleurs le sommeil en deux étapes pourrait être une explication à la faible espérance de vie de nos ancêtres. En revanche la faculté s’accorde pour considérer la sieste comme un élément favorable et ce petit break diurne pratiqué par Einstein, Churchill, Vinci, Edisson plaide en ce sens…

0

Nous rejoindre