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Gaspar Noe: L’art de mettre le public mal à l’aise

Tout au long de l’histoire, le cinéma a réussi à former un groupe restreint dont de nombreux réalisateurs semblent fiers de faire partie: soit vous les aimez, soit vous les détestez. Des artistes dont la sensibilité (ou parfois l’absence de sensibilité) fait à la fois consterner et fasciner le public par la manière dont il parvient à capturer sa réalité à l’écran.

Gaspar Noé est un cinéaste et scénariste argentin dont la formation initiale dans le système éducatif français a fortement influencé sa perception du cinéma et de sa portée. Il est curieux de savoir comment seuls cinq longs métrages et une poignée de courts et moyens métrages sur une période de 30 ans au plus ont réussi à faire de lui l’un des noms les plus en vue de la scène internationale.

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Comme des auteurs comme Chuck Palahniuk ou des administrateurs comme Lars von Trier, Noé aime être un «provocateur professionnel». Son cinéma a un style aussi inclassable qu’inimitable. Y entrer, c’est entrer dans un monde où règnent les faibles impulsions et les addictions, laissant le spectateur à la merci de ce qui est montré à l’écran et il n’y a rien qu’il puisse faire pour le changer.

Regardez le générique d’ouverture de « Entrez dans le vide», Un film sorti en 2009 qui dépeint une expérience hors du corps d’un trafiquant mort d’un coup de feu de la police. Le caractère expérimental du film est anticipé dans quelques crédits où les néons inondent l’écran au rythme d’une musique techno effrénée.

Bien qu’il soit loin d’être la plus grande obsession de sa carrière, le psychédélisme est un thème sur lequel il reviendrait « Climax», Considéré par la critique comme son œuvre la plus accessible au grand public, en plus d’avoir les meilleures cotes d’écoute dans sa filmographie à ce jour. Un film qui, dans ses premières minutes, s’annonce comme « fier d’être français » (quoi que cela signifie).

Un cauchemar sensoriel causé par une sangria frelatée lors d’une fête de danseurs professionnels transforme une agréable soirée pleine de lumières et de mouvements impossibles en une frénésie qui secoue la caméra sans arrêt pendant une heure et demie, créant une atmosphère qui pourrait facilement rapprocher tout abstinent. l’expérience d’une surdose.

La provocation dans le cinéma de Noé c’est celui qui cherche à ébranler les «valeurs traditionnelles» dont la société occidentale s’efforce de garantir notre sécurité. « Irréversible», Son film le plus controversé, est celui dont la charge de violence provoquerait un véritable scandale Cannes, où les membres du jury n’avaient aucun scrupule à se retirer de la projection.

Un plan fixe de plus de dix minutes serait le déclencheur d’un tourbillon de commentaires peu flatteurs à un film qui a eu l’audace de présenter son récit avec une chronologie inversée sans préavis au spectateur, avec une caméra qui à aucun moment n’est entretenue encore.

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La prémisse de Noé dans son travail c’est simple: l’être humain est une créature primitive et il n’y a rien que la société puisse faire pour le changer, peu importe combien il essaie de créer l’archétype du «citoyen idéal».

Une réflexion grossière que le cinéaste s’efforcerait de dépeindre à chaque occasion possible, emmenant ses personnages dans des situations extrêmes. Fêtes, tournages, expériences psychédéliques et amour. Parce que rien ne transforme l’être humain plus que l’amour.

  • Gaspar Noé
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  • Réalisateur
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  • Irréversible
  • Entrez dans le vide
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