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Expliqué : Qu’est-ce que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ? Que font-ils?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) fournit les évaluations scientifiques les plus fiables au monde sur le changement climatique. Il fournit aux décideurs politiques des évaluations régulières de la base scientifique du changement climatique, de ses impacts et risques, et des options pour réduire les émissions et s’adapter aux impacts que nous ne pouvons plus éviter.

Les rapports du GIEC sont créés au nom des 193 gouvernements des Nations Unies.

Les rapports du GIEC sont créés au nom des 193 gouvernements des Nations Unies.

Le GIEC a déjà publié cinq rapports d’évaluation et achève actuellement sa sixième évaluation (AR6), avec la publication de la première partie du rapport, sur la science physique du changement climatique, attendue le 9 août.

Chaque cycle d’évaluation rassemble des scientifiques du monde entier et de nombreuses disciplines. Le cycle actuel implique 721 scientifiques de 90 pays, dans trois groupes de travail couvrant la base des sciences physiques (WGI), les impacts, l’adaptation et la vulnérabilité (WGII) et l’atténuation du changement climatique (WGIII).

Dans chaque cycle d’évaluation, le GIEC identifie les points d’accord de la communauté scientifique, les divergences d’opinion et les domaines où des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Les rapports du GIEC sont programmés pour informer les développements politiques internationaux tels que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) (première évaluation, 1990), le protocole de Kyoto (deuxième évaluation, 1995) et l’accord de Paris (cinquième évaluation, 2013-2014). Le premier rapport AR6 (WGI) sera publié en août de cette année, et sa réunion d’approbation devrait avoir lieu virtuellement, pour la première fois en 30 ans d’histoire du GIEC.

Cela sera suivi des rapports des GT II et III en février et mars 2022, et du rapport de synthèse en septembre 2022 – à temps pour le premier bilan mondial de la CCNUCC, au cours duquel les pays examineront les progrès accomplis vers l’objectif de l’Accord de Paris de maintenir le réchauffement en dessous de 2℃.

Au cours du cycle AR6, le GIEC a également publié trois rapports spéciaux :

Comment le GIEC parvient à un consensus

Les auteurs du GIEC sont issus du monde universitaire, de l’industrie, du gouvernement et d’organisations non gouvernementales. Tous les auteurs passent par un processus de sélection rigoureux – ils doivent être des experts de premier plan dans leur domaine, avec un solide dossier d’édition et une réputation internationale.

Les équipes d’auteurs se réunissent généralement en personne quatre fois tout au long du cycle d’écriture. Ceci est essentiel pour permettre des discussions et des échanges (parfois passionnés) entre les cultures afin de construire une perspective véritablement mondiale. Au cours du cycle d’évaluation du RE6, les réunions des auteurs principaux (LAM) pour le groupe de travail 1 n’ont pas été perturbées par COVID-19, mais les réunions finales des GT II et III ont eu lieu à distance, ce qui a entraîné des défis de fuseaux horaires différents, un accès Internet inégal et une communication plus difficile.

Les rapports du GIEC sont soumis à un vaste processus d’examen par les pairs. Chaque chapitre fait l’objet de deux cycles d’examen et de révision scientifiques, d’abord par des examinateurs experts, puis par des représentants et des experts gouvernementaux.

Ce processus d’examen est l’un des plus exhaustifs pour tout document scientifique – le seul AR6 WGI a généré 74 849 commentaires d’examen de centaines d’examinateurs, représentant un éventail de disciplines et de perspectives scientifiques. À titre de comparaison, un article publié dans une revue à comité de lecture n’est examiné que par deux ou trois experts.

Le rôle des gouvernements

Le terme intergouvernemental reflète le fait que les rapports du GIEC sont créés au nom des 193 gouvernements des Nations Unies. Les processus entourant l’examen et l’accord sur le libellé du Résumé à l’intention des décideurs (SPM) rendent difficile pour les gouvernements de rejeter un rapport qu’ils ont contribué à façonner et à approuver au cours des négociations politiques.

Il est important de noter que la participation des gouvernements se produit à l’étape de l’examen, de sorte qu’ils ne sont pas en mesure de dicter ce qui entre dans les rapports. Mais ils participent à l’examen et à la révision ligne par ligne du RID lors d’une session plénière où chaque morceau de texte doit être approuvé, mot pour mot.

L’acceptation dans ce contexte signifie que les gouvernements conviennent que les documents sont un examen scientifique complet et équilibré du sujet, et non s’ils aiment le contenu.

Le rôle des délégués gouvernementaux en séance plénière est de s’assurer que leurs gouvernements respectifs sont satisfaits de l’évaluation et que l’évaluation est pertinente sur le plan politique sans être normative. Les représentants du gouvernement peuvent essayer d’influencer le libellé du RID pour soutenir leurs positions de négociation, mais les autres représentants du gouvernement et experts présents s’assurent que le langage adhère aux preuves.

Les négationnistes du climat prétendent que les rapports du GIEC sont politiquement motivés et à sens unique. Mais étant donné les nombreuses étapes auxquelles interviennent des experts de tous les horizons politiques et scientifiques, cela est difficile à défendre. Les auteurs sont tenus d’enregistrer toutes les perspectives scientifiquement ou techniquement valables, même si elles ne peuvent pas être conciliées avec un point de vue consensuel, pour représenter chaque aspect du débat scientifique.

Le rôle du GIEC est essentiel pour rassembler la communauté scientifique internationale afin d’évaluer la science, de déterminer si elle est bonne et doit être considérée comme faisant partie de l’ensemble des preuves.La conversation

Rebecca Harris, maître de conférences en climatologie, directrice, Climate Futures Program, Université de Tasmanie

Cet article est republié à partir de The Conversation sous une licence Creative Commons. Lire l’article original.

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