in

Expliqué : la proposition de la Russie à l’ONU pour élargir la liste des cybercrimes désignés

Dans le but de dissuader les cybercriminels, la Russie a soumis aux Nations Unies (ONU) le premier projet de convention mondiale visant à renforcer les lois contre la cybercriminalité. Dans le cadre de cette soumission, la Russie cherche à élargir la liste des types de cybercrimes désignés au niveau international, qui est actuellement relativement courte. Un « projet russe de convention sur la lutte contre l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) à des fins criminelles » a été officiellement déposé le 27 juillet, selon l’agence de presse russe TASS. La délégation russe qui a soumis le projet était dirigée par le procureur général adjoint Petr Gorodov, qui a rencontré Dennis Thatchaichawalit, directeur par intérim de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, à l’Office des Nations Unies à Genève.

Que propose la Russie ?

Dans sa proposition, la Russie cherche à étendre la liste des cybercrimes désignés au niveau international du chiffre actuel de neuf cybercrimes pour inclure jusqu’à 23 cybercrimes, a rapporté l’agence de presse publique. Spoutnik.

La Convention de Budapest - élaborée en 2001 - n'inclut pas les nouveaux types de cybercriminalité. Image: Mohammed Hassan via Pixabay

Image : Mohammed Hassan via Pixabay

La Convention de Budapest élaborée en 2001 n’inclut pas les nouveaux types de cybercrimes. Gorodov a déclaré que la « Convention de Budapest sur la cybercriminalité du Conseil de l’Europe » est obsolète, car elle ne reconnaît que neuf types désignés de cybercrimes.

Quels sont les cybercrimes désignés existants ?

La Convention de Budapest, plus connue sous le nom de Convention sur la cybercriminalité, a été signée en 2001 par l’Afrique du Sud, le Canada, le Japon et les États-Unis, et est entrée en vigueur en juillet 2004. Il s’agissait du premier traité international conçu pour lutter contre les crimes commis à l’aide d’internet et autres réseaux informatiques. Cependant, étant donné que ce traité a été rédigé au début des années 2000, il ne couvrait que les cybercrimes reconnus à l’époque. Neuf infractions principales désignées par la Convention comprenaient l’accès illégal, l’interception illégale, l’interférence de données, l’interférence de système, l’utilisation abusive d’appareils, la contrefaçon informatique, la fraude informatique, les infractions liées à la pédopornographie et les infractions liées à la violation du droit d’auteur et des droits connexes.

Quels cybercrimes la Russie veut-elle inclure ?

En 2020, le procureur général russe Igor Krasnov a formé un groupe de fonctionnaires pour vérifier les crimes informatiques. C’est à ce groupe qu’a été confiée la mission de rédiger une convention internationale universelle pour lutter contre la cybercriminalité. Ce projet comprend les nouveaux cybercrimes qui se sont répandus ces derniers temps, notamment les crimes liés aux cryptomonnaies, aux produits médicaux contrefaits, à l’implication de mineurs dans des activités illégales.

La proposition de la Russie inclut les cybercrimes liés aux crypto-monnaies. Image: Pixabay

Image : Pixabay

« Le projet prend en compte les défis et menaces actuels dans le domaine de la sécurité internationale de l’information (y compris les utilisations criminelles des cryptomonnaies), introduit de nouveaux délits commis avec l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (commercialisation de faux produits médicaux, trafic de drogue, participation de mineurs à des activités illégales menaçant leur vie et leur santé, et autres) », lit-on dans un communiqué du bureau du procureur général.

Le projet vise également à renforcer « la coopération internationale concernant l’assistance judiciaire dans les affaires pénales, y compris la recherche, l’arrestation, la saisie et la restitution des avoirs », selon le communiqué.

Pourquoi est-ce nécessaire en ce moment ?

L’épidémie de COVID-19 a eu un impact majeur sur les entreprises du monde entier, mais le commerce de la cybercriminalité est en plein essor. Avec de plus en plus de personnes obligées de travailler à domicile (WFH) et de poursuivre une intégration numérique plus profonde dans leur vie, les criminels ont une plus grande base d’utilisateurs à attaquer et à exploiter.

Les cyberattaques devraient encore augmenter à mesure que la pandémie de COVID-19 fait rage.

Les cyberattaques devraient encore augmenter à mesure que la pandémie de COVID-19 fait rage.

En août 2020, INTERPOL a signalé une augmentation « alarmante » des cyberattaques sur une période de quatre mois. Il a déclaré qu’avec un nombre plus élevé d’individus passant plus de temps en ligne, les criminels « profitaient de vulnérabilités de sécurité accrues pour voler des données, générer des profits et provoquer des perturbations ». Le virus ayant peu de chances de disparaître de sitôt, INTERPOL a déclaré qu’« une nouvelle augmentation de la cybercriminalité est très probable dans un avenir proche », car les vulnérabilités exposées par le modèle de la FMH et l’augmentation des avantages financiers entraîneront les cybercriminels à hausser la barre et à concevoir de nouvelles ainsi que de plus intelligentes méthodes pour tromper les utilisateurs sans méfiance.

 

45secondes est un nouveau média, n’hésitez pas à partager notre article sur les réseaux sociaux afin de nous donner un solide coup de pouce. 🙂