expert specialiste generaliste

Les experts se trompent souvent. Et c’est de leur faute

Lecture 2 min. Selon vous vaut-il mieux être spécialiste ou généraliste pour ancitiper le futur ? Si vous nous lisez c’est que vous êtes généraliste. Et vous faites bien.

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     Vous lisez cette chronique de 45 secondes et vous avez bien raison. Data, infos, analyses sur différents sujets alimentent votre réflexion. Ces datas, infos et analyses vous allez aussi les chercher ailleurs grâce à d’autres sources d’information. En cela vous êtes plus des généralistes que des experts. Or un livre, écrit par David Epstein, vient de paraitre aux USA dont le titre est : Pourquoi les généralistes triomphent dans un monde spécialisé.

Spécialistes vs. Généralistes

Les ‘experts’ se trompent tout le temps. Facile à dire, mais évidemment faux. Les prévisions de Bison Futé sont dorénavant précises, le dérèglement climatique étudié par les experts du GIEC ne peut être remis en cause sauf par quelques présentateurs télé en manque d’audience. Et il est dommage que dans le débat public la parole d’experts soit mise au même niveau que celle du premier quidam venu, soit-il sincère dans sa colère ou ses revendications.

Pourtant dans son livre, David Epstein compile des études réalisées sur la qualité des prévisions établies par des ‘spécialistes’. Notamment une étude menée de 1984 à 2014 par Philip E. Tetlock, ‘testant’ 284 ‘experts’ ayant émis 82 361 prédictions. 15% de ce qu’ils prédisaient comme ‘impossible’ s’est depuis réalisé, 25% de ce qui devait arriver selon eux ne l’est toujours pas (fin de l’Empire Soviétique, évolution des cours des devises…).

En revanche, les études révèlent que les ‘généralistes’, les curieux, les polyvalents… ont des taux de succès plus élevés dans leurs prédictions de court et long terme.

Pourquoi ? Simplement parce qu’ils construisent leur réflexion non sur des certitudes mais sur des hypothèses qu’ils assemblent les une avec les autres et qu’ils n’hésitent pas à remettre en cause si elles s’avèrent erronées.

Et les ‘experts’ ? Eh bien ils se trompent souvent car étant devenu des ‘spécialistes’, ils se sont forgés un avis, une opinion et ce qui n’est plus hypothèse mais certitude devient un biais dans le process d’analyse qu’ils doivent réaliser pour établir une prévision.

De plus, contrairement aux ‘généralistes’, quand une de leur anticipation est remise en cause par la réalité advenue, ce n’est jamais de leur faute mais celle d’une donnée, d’un élément qui n’a pas réagi/évolué comme elle/il aurait dû.

Laissons la conclusion à René Descartes : ” Ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus.

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