lundi, avril 22, 2024
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Deux Sorcières, conjonction et soulagement générationnel de la sorcellerie

Macabre 2022

Réalisé par Pierre Tsigaridis, ce film américain a été projeté à la XXIe édition de Macabro, le Festival international du film d’horreur au CDMX.

Deux sorcières, film de Pierre Tsigaridis (Photo : IMDB)Deux sorcières, film de Pierre Tsigaridis (Photo : IMDB)

L’histoire universelle de la vieille sorcière terrifiante, malveillante et peu attirante à son image est reprise par Pierre Tsigaridis dans son premier film. Mais il le prend comme base et complément d’une histoire qui se fragmente en deux pour aborder le mal issu du matriarcat. Il le fait également avec l’intention de donner aux personnages féminins des films d’horreur leur place en tant que créateurs, protagonistes et seuls interprètes du mal.

L’introduction nous montre deux femmes qui ont en leur possession un bébé qu’elles se mettent à dévorer. On est ainsi établi qu’il s’agit des deux sorcières citées dans le titre. De la même manière on nous fait savoir que le boogeyman n’existe pas, mais la boogeywoman, comprendre un être féminin diabolique qui terrifie les enfants. Et dans ce cas, il les mange.

On voit d’abord l’épisode d’une vieille sorcière (Marina Parodi) qui jette le mauvais œil sur Sarah (Bell Adams), une jeune femme qui est enceinte et qui va subir les conséquences du mal de quelqu’un d’autre déposé en elle. Ce chapitre rejoint le second par l’héritage de la sorcellerie, c’est-à-dire l’héritage des pouvoirs maudits par une grand-mère à sa petite-fille Masha (Rebekah Kennedy) afin qu’elle perpétue cette tradition et la maintienne en vie. Contrairement à son prédécesseur, Masha est jeune, belle, avec un appétit sexuel et désire le petit ami de Rachel (Kristina Klebe), sa logeuse et colocataire, une femme qui devient un obstacle à ses instincts charnels.

Avec savoir-faire et mélange d’horreur, de gore et de suspense, Tsigaridis réalise un film sans fin heureuse, et que de bien ! Il a l’audace d’établir le mal du début à la fin dans le but de communiquer qu’il existe, que nous ne pouvons ni ne devons l’ignorer lorsqu’il apparaît dans nos vies. Avec les sorcières comme façade, le réalisateur le décompose en sentiments tels que l’envie, un mal qui peut nous amener à faire n’importe quoi pour avoir ce que l’autre a, ou amener l’autre à cesser de l’avoir pour se sentir bien.

Un élément de plus à souligner dans la connotation féminine que la réalisatrice veut donner à Deux sorcières nous l’observons dans une petite cérémonie, Ou un coven raffiné ?, dans lequel une entité démoniaque féminine se manifeste. L’invocation n’est pas dirigée vers la figure habituelle du diable dans ses différentes manifestations et représentations que nous avons vues au cinéma. Ici, comme on le voit dans Bienvenue en enfer (2021), de Jimena Monteoliva, la visite est celle d’une divinité qui pourrait bien être Lilith, la femme chassée du paradis.

En bref, c’est un contenu qui divertit, fait peur et satisfait ceux qui aiment le genre. S’il y a quelque chose à retenir, outre une éventuelle suggestion, c’est la proposition de montrer le changement de poste des liens du sang pour perpétuer la sorcellerie comme on nous l’a dit. Avant vous aviez peur des vieilles sorcières, maintenant vous devez aussi craindre une nouvelle génération assez joviale.

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