Critique de film – Portrait d’une dame en feu (2019)

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Portrait d’une dame en feu, 2019.

Mise en scène Céline Sciamma avec Noémie Merlant, Adèle Haenel et Luàna Bajrami.

SYNOPSIS:

Un peintre engagé pour réaliser le portrait d’une femme riche avant son mariage tombe amoureux de son sujet.

Il y a une scène très tôt dans l’histoire d’amour lesbienne désespérément romantique et sensorielle de Céline Sciamma Portrait d’une dame en feu dans lequel l’acteur principal Noémie Merlant est assis devant une cheminée crépitante, nu et fumant. C’est peut-être l’image la plus française jamais consacrée au celluloïd, mais elle sert également de métaphore puissante pour le film à venir. C’est une histoire qui se déroule presque uniquement dans les limites d’une maison caverneuse – un creuset isolé d’intimité, dans lequel les pensées, les sentiments et les gens sont mis à nu, à la fois au sens propre et au sens figuré.

Le personnage de Merlant est une peintre, du nom de Marianne, qui a fait le voyage vers l’île française isolée de l’aristocrate Héloïse (Adèle Haenel). Elle est sur le point d’épouser un noble français et Marianne a été mandatée comme la dernière d’une série d’artistes pour tenter de peindre son portrait, dans son cas en agissant comme compagne et en peignant en secret. Au fil du temps, cependant, la paire se rapproche de ce que leur arrangement initial suggérait, le courant sous-jacent de l’attraction donnant naissance à quelque chose de tendre et de puissant.

La représentation de Sciamma des craquements et des danses d’amour interdits comme les flammes titulaires, aussi dangereux et imprévisible que magnifique et fascinant. Tout comme les bâtiments agricoles qui incarnent la passion de Francis Lee Le pays de Dieu, les promenades à la campagne et des heures de conversation silencieuse dans ce film permettent à la glace initiale entre les deux femmes de dégeler puis de s’épanouir en une affection doucement mijotante du genre qui sera familière à quiconque est tombé amoureux pour la première fois . Quand un personnage demande si « tous les amoureux ont l’impression d’inventer quelque chose », c’est une évocation concise d’un sentiment difficile à analyser en mots.

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Merlant et Haenel amènent des personnalités très différentes à la table, assurant que leur relation soit organique mais jamais inévitable. Alors que Marianne de Merlant observe en permanence, les yeux se balançant d’avant en arrière comme pour équilibrer les nerfs avec l’intrigue, Haenel rend Héloïse plus habituée à l’immobilité, avec de grands yeux tranquillement méfiants et patients. Les deux performances sont hérissées d’émotions tacites, et Sciamma sait quand réduire tout le reste afin de laisser leur respiration raconter l’histoire.

Dans ses moments les plus silencieux et les plus forts, Portrait d’une dame en feu est une expérience férocement sensorielle, se logeant dans votre poitrine et y prenant racine profondément. Sciamma trouve la même puissance et puissance dans un petit détail dans un portrait qu’elle le fait dans une scène quasi spirituelle de chant choral inhabituel au coin du feu qui se transforme presque en horreur populaire. Le cœur de la matière bat également à travers la subtilité et la bombe, culminant dans une scène finale imprégnée de musique qui exerce un pouvoir cacophonique comparable à la finale bravoure du magistral de Damien Chazelle. Coup de fouet.

C’est un cinéma qui chevauche de manière experte la frontière entre le macro et le micro, transmettant une douleur et un désir que seule une émotion aussi dévorante que l’amour peut créer. Les scènes dans lesquelles Merlant et Haenel discutent tranquillement de leurs regrets pour le temps perdu sont terriblement réelles, mais Sciamma n’a pas peur de traiter des éléments plus extérieurs, comme les visions fréquentes de Marianne d’une Héloïse éthérée dans une robe de mariée. Portrait d’une dame en feu fusionne habilement l’ordinaire et le décalé pour produire une licorne d’un artefact qui se sent aussi unique que lisse et classique.

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Mythe vacillant – Film: ★ ★ ★ ★ ★ / Film: ★ ★ ★ ★

Tom Beasley est journaliste de cinéma indépendant et fan de catch. Suivez-le sur Twitter via @TomJBeasley pour des opinions de films, des trucs de catch et des jeux de mots.

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