Hommes boivent bières femmes servent

Évaluation d’un produit : confirmation d’un biais sur le genre

Lecture 2 min. Une bière brassée par une femme est-elle a priori moins bonne et moins chère que la même bière brassée par un homme ? Hélas, oui…

les hommes boivent de la bière, les femmes les servent

Un bistro au hasard, une envie d’un demi, deux marques de bière-blonde-à-la-pression que vous ne connaissez pas. Un écriteau vous informe que l’une a été brassée par Antoine, l’autre par Sophie. Votre choix ?

Du sexe des anges à celui des produits de consommation de masse

Selon une étude réalisée par une équipe de 3 chercheuses de l’Université de Stanford, votre choix se portera instinctivement sur la bière brassée par Antoine. Pourquoi ? Parce que les produits sont genrés.

Pour objectiver ce sujet, les 3 chercheuses ont demandé à 150 individus de juger ‘masculin’ ou ‘féminin’ 360 produits. Sans surprise, certains sont classés masculins, d’autres féminins.

Une tondeuse à gazon serait-elle intrinsèquement moins performante parce qu’elle a été conçue par une femme plutôt que par un homme ? Une poupée moins attirante car elle est le fruit de l’inspiration d’un homme et non d’une femme ?

Fait par une femme ? C’est moins bon

Pour mesurer ce biais potentiel, les 3 chercheuses ont réuni 200 volontaires pour juger – a priori – les qualités de deux produits, l’un typiquement masculin : la bière, l’autre typiquement féminin, des petits-gâteaux (les cupcakes anglo-américains).

Hélas les résultats, anticipés, confirment le biais. Les participants jugent qu’une bière produite par une femme doit valoir moins cher et que son goût sera moins agréable.

Et étonnamment un petit-gâteau sera pré-jugé de manière équivalente qu’il ait été réalisé par un homme ou par une femme.

C’est donc bien un biais qui ne repose que sur le critère fait-par-une-femme. Un produit-masculin ne peut être réalisé que par un homme. Un produit-féminin peut être réalisé aussi bien par un homme que par une femme. La double peine.

L’étude nous apprend aussi qu’un produit ayant reçu une récompense (la bière la plus innovante, la bière la plus authentique…) sera plus valorisé si il est réalisé par une femme que par un homme.

C’est sans doute – pour les 3 chercheuses – ce point qui est à prendre en considération pour lutter efficacement contre ce stéréotype. Aussi proposent-elles que les organisations, les fédérations, les jurys ou toutes autres instances délivrant des prix et récompenses mettent en place un système de quotas.

Et bien sûr leur étude nous permet de prendre conscience de ce biais et donc d’essayer de le corriger. Messieurs, encore un effort, Mesdames, encore un peu de patience…

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