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Candyman : Une puissante réinvention d’un héritage oublié (Revue)

Lorsqu’il est utilisé de manière appropriée, le genre d’horreur peut être utilisé pour explorer une grande variété de problèmes sociaux, au-delà du simple fait de choquer son spectateur. Sous cette prémisse émerge « Candyman », le nouveau film réalisé par Nia DaCosta qui est présenté comme une « suite spirituelle » à l’œuvre de Bernard Rose en 1992.

Le film nous transporte à Chicago en 2019. La conservatrice d’art Brianna Cartwright (Teyonah Parris) et son petit ami, l’artiste visuel Anthony McCoy (Yahya Abdul-Mateen II) vivent en marge des vestiges de Cabrini Green, un ancien complexe de logements communautaires pour le communauté afro-américaine.

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Anthony est attiré par l’énergie de ce lieu, et sa recherche d’inspiration pour son nouveau travail visuel l’amène à rencontrer William Burke (Colman Domingo), un homme solitaire qui décide de lui raconter une histoire de brutalité qui a donné lieu à une nouvelle version de « Candyman », une légende urbaine sur un homme qui revient de la mort pour assassiner quiconque l’invoque devant le miroir.

DaCosta, qui a écrit ce film avec Jordan Peele (producteur) et Win Rosenfeld, utilise l’histoire du film original comme une légende urbaine (avec quelques modifications de «bouche à oreille») pour guider les téléspectateurs inconnus avec la franchise, une ressource qui aide à alimenter cette nouvelle « mythologie des personnages ».

Dans la section technique, « Candyman » est un film qui présente un soin impeccable dans sa présentation visuelle, quelque chose qui est devenu de plus en plus courant dans l’horreur contemporaine (en particulier dans les œuvres de Peele). Le film utilise un jeu intéressant avec des miroirs au point d’en faire un élément fondamental de son décor, réalisant des images vraiment puissantes et mémorables.

Cependant, le script semble contenir une foule de mythes et d’intrigues secondaires élaborées que certains d’entre eux (en particulier le personnage de Parris) n’ont pas pu développer pleinement, bien que ce ne soit pas une distraction lorsque l’on profite du film dans son ensemble.

Le premier film posait des questions sur la façon dont la violence et les traumatismes d’un secteur marginalisé de la société ont généré ces « monstres invisibles » qui ont traqué leurs enfants. Mais ce nouveau « Candyman » répond à ces questions du monde de l’art : Qui le fait ? ? A qui profite-t-il ? Et surtout, quelle est notre véritable compréhension de l’art, surtout lorsqu’il est réalisé par des minorités raciales ?

Avec cette dernière question, DaCosta laisse entendre que la douleur et le traumatisme de l’oppression raciale peuvent être utilisés comme un moyen majeur d’exploitation, et c’est ici que notre antagoniste surnaturel présente une tournure intéressante.

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De la même manière qu’Antony présente son art dans les galeries, « Candyman » utilise la violence et le gore de manière strictement justifiée, même si c’est la manière dont ils sont représentés à l’écran qui parvient à créer des situations vraiment dérangeantes pour le spectateur. Après tout, au-delà du commentaire racial, le public est là pour terrifier, et en cela le film tient ses promesses.

« Candyman » est un film qui présente une passion profonde pour l’histoire qui est racontée, et élève sa proposition au point de construire un troisième acte plein de brutalité qui est tamponné sous les yeux du spectateur pour se cacher sous sa peau. A l’image du spectre du film, Nia DaCosta est une cinéaste qui nous forcera à dire son nom, s’affirmant comme une conteuse prometteuse qu’il faut traquer.

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