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« Bleu »: Dans les griffes sombres de la perte et du deuil (Revue)

Peu de films ont réussi à avoir une charge poétique aussi profonde et déchirante de la même manière que « Trois couleurs » a réussi à la transmettre, une trilogie thématique du cinéaste polonais Krzysztof Kieślowski, qui aujourd’hui (27 juin), aurait rencontré 80 ans vieille. Chacun de ces longs métrages reprend une des couleurs du drapeau français (bleu, blanc, rouge).

Kieślowski cherche à imprégner dans chacune de ces productions une des valeurs que sa couleur respective représente dans ce symbole patriotique : liberté, égalité et fraternité. Et bien que chacun de ces projets présente l’énorme polyvalence narrative de ce cinéaste, aucun n’a réussi à rester aussi pertinent dans la mémoire de ses disciples que le premier : « Bleu ».

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Le bleu est la couleur de la tristesse, soulignent les experts en psychologie des couleurs, et c’est un sentiment qui accompagne chaque seconde des images de Julie, interprétée par l’actrice française Juliette Binoche, qui devra affronter un chemin tortueux si elle veut se libérer de l’amertume, sentiment qui vous tourmente et vous empêche de continuer votre vie.

Binoche joue une femme dont le mari, un compositeur prestigieux, est décédé dans un accident de voiture avec sa petite fille, alors après s’être remise de ses blessures, elle décide de commencer une nouvelle vie de manière indépendante, seule et anonyme. Oliver (Benolt Regent), l’assistant de son mari, tente de la sortir de son isolement. Il est secrètement amoureux d’elle depuis des années, et va tenter de la convaincre de terminer le « Concert pour l’Europe », une œuvre inachevée avec laquelle son mari a cherché à unifier le continent après la fin de la guerre froide.

Krzysztof Kieślowski construit le parcours de Julie à travers une allégorie pleine de symbolisme dans laquelle le bleu joue un rôle important dans sa photographie. Juliette Binoche s’enfonce entre les différentes nuances de cette couleur avec un regard perdu, incapable de pleurer sa perte malgré la douleur profonde qui la consume alors qu’elle souhaite profondément tout laisser derrière elle.

Kieślowski lui-même a souligné après la première du film que le bleu ne représentait plus la liberté au sens politique ou social : c’était la liberté de vivre sa propre vie. « Bleu » gère la présence constante de cette couleur sans que le spectateur ne la sente sursaturée, n’utilisant que l’ingéniosité de son réalisateur pour la capturer sans avoir besoin de filtres spéciaux.

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La musique joue un rôle fondamental dans le parcours personnel du personnage de Binoche, agissant comme une sorte de fantôme vengeur qui l’accuse dans les moments les moins suspects. Le compositeur Zbigniew Preisner a créé une œuvre somptueuse qui représente cette composition que le mari de Julie n’a pas pu terminer et continuera de la hanter jusqu’à ce qu’il soit décidé de la terminer.

Juliette Binoche a interprété avec « Bleu » l’une des meilleures œuvres de son exceptionnelle carrière d’actrice, remportant même une reconnaissance au Festival du film de Venise, qui a également décidé de récompenser Krzysztof Kieślowski avec le Lion d’or et un autre prix pour un travail exceptionnel. photo prise par Slawomir Idziak .

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