in

499, le conquérant qui (re)découvre le Mexique (presque) 500 ans plus tard

cinéma mexicain

Après un très bon accueil qu’il a eu dans les festivals, le film de Rodrigo Reyes est l’une des premières mexicaines en salles.

Elie Leonardo Salazar

499, un conquérant du XVe siècle au XXIe siècle499, un conquérant du XVe siècle au XXIe siècleElie Leonardo Salazar

Inexplicablement, un conquérant espagnol apparaît sur les rives de Veracruz. Vêtu de vêtements et d’armures du XVIe siècle, cet homme est abasourdi lorsqu’il voit un VTT passer devant lui. Sans bien le comprendre, troublé par ce que ses yeux lui montrent, il comprend qu’il est dans une autre époque que la sienne.

Pour mesurer clairement ce qui se passe et trouver une réponse logique à ce sentiment clair d’intemporalité, il prend la décision d’entreprendre le même itinéraire qu’il a suivi avec Hernán Cortés du territoire de Veracruz à Tenochtitlan, aujourd’hui Mexico. Est-ce un rêve, a-t-il voyagé dans le temps ou que s’est-il passé ? Il veut se donner cette réponse.

Au fur et à mesure qu’il parcourt sa route, le conquérant commence à écouter les gens qu’il rencontre en chemin. Ces personnes partagent des histoires et des témoignages sur les réalités qu’elles vivent aujourd’hui, c’est-à-dire au 21e siècle. Objets, lieux, constructions et vêtements, vous permettent de savoir que vous êtes dans le futur, dans votre futur et dans notre présent. Mais les atrocités qu’il entend lui disent que le temps ne s’est pas écoulé entre le passé et le monde présent.

Journalistes et militants assassinés, disparus, féminicides, xénophobie, impunité du crime, sont les sujets que le conquérant recueille à travers les récits de son parcours. En même temps, il commence aussi à se souvenir et à raconter tout ce qu’il a fait avec ses compagnons pendant la Conquête.

Son arrivée à Tenochtitlán, 499 ans après sa chute, soulève encore plus de questions que de certitudes. Trouvant un morceau sale de miroir brisé, l’homme le parcourt pour nous donner une métaphore : l’horreur de l’histoire observée dans l’horreur du présent. La seule différence est que maintenant les Espagnols et l’imposition religieuse ne sont pas nos bourreaux, mais les Mexicains eux-mêmes à travers l’extinction progressive de leur humanisation et la perpétuité des gouvernements corrompus et impunis qui agissent contre le peuple et en faveur de la décadence.

499 C’est un documentaire avec une proposition créative et risquée mais bien réalisée. Soutenu par la photographie extraordinaire d’Alejandro Mejía, ainsi qu’un scénario poignant écrit en collaboration avec Lorena Padilla, Le réalisateur Rodrigo Reyes nous offre, en plus d’un film, une leçon pour questionner ou réaffirmer que l’on apprend peu des erreurs de l’histoire. Au contraire, nous les améliorons à notre propre détriment.

45secondes est un nouveau média, n’hésitez pas à partager notre article sur les réseaux sociaux afin de nous donner un solide coup de pouce. 🙂