Sourire aux clients et devenir alcoolique

Une équipe de chercheurs de l’Université de Buffalo ont étudié les habitudes de consommation d’alcool de personnes devant faire face à un public. Ce sont des serveurs dans des chaines de fastfood, des infirmièr.e.s, des enseignants.

Ils ont mis en évidence un lien entre celles et ceux qui sont contraints à feindre ou amplifier des émotions positives et une consommation excessive d’alcool après le travail

Se contrôler en public et ne plus pouvoir se contrôler soi-même

La recherche réalisée en questionnant 3.000 salariés US révèle dans un premier temps que les travailleurs ayant une interaction avec un public consomment plus d’alcool que ceux n’ayant aucun contact avec un client, un malade, un élève.

Cette consommation est d’autant plus importante que le ‘sourire’ (ou du moins le contrôle des émotions) n’amène aucune récompense. Ainsi un salarié d’un call center ne reçoit que rarement un merci ou un compliment de la part d’un client. Une infirmière face à un malade ne se plaint jamais, elle est toujours positive. Elle établit une relation interpersonnelle sur la durée et le fait au service d’un patient et non d’un client. L’étude démontre que le salarié du call center aura plus tendance à boire de l’alcool après le travail qu’une infirmière. Et ce d’autant plus que le salarié d’un call center, d’un fast food…est généralement jeune, sous-diplômé, que son sourire peut lui valoir un pourboire dont le montant compte car il peut être en situation financière tendue.

Pour les chercheurs l’explication de ce lien est que plus un humain consomme du self-control au cours d’une journée moins il aura de self-control le soir après le boulot pour s’occuper de lui-même.

Brel le disait déjà dans sa chanson Les vieux amants : “Il fallait bien passer le temps. Il faut bien que le corps exulte.”


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