Le Test du Marshmallow a été réalisé/conceptualisé en 1972 par une équipe de Standford dirigée par Walter Mischel.

Le principe est simple : placez un jeune enfant dans une pièce avec un adulte et un marshmallow. L’adulte explique à l’enfant qu’il va quitter la pièce et l’avertit : si l’enfant parvient à attendre le retour de l’adulte, il recevra 2 marshmallow en récompense.
Un tiers des enfants ont réussi à ne pas céder à la tentation. Deux tiers ont craqué (ce qui est presque rassurant…).

L’équipe de Stanford ayant suivi les enfants sur la durée, ils ont mis en évidence que ceux ayant résisté à la tentation présentent, devenant adolescents puis adultes, de meilleures performances cognitives, décrochent de meilleurs diplômes, échappent davantage à l’obésité et à la drogue. Bref, le self-control chez l’enfant serait prédictif de son accomplissement et de son comportement socio-émotionnel…

C’est simple, logique et donc vrai. Mais…

En 2017, des chercheurs de l’Université de New York et de Californie ont fait passé le test du marshmallow à des enfants en s’intéressant au fait de savoir si leur mère avait ou non achevé ses études. Les résultats obtenus ne contredisent pas ceux de l’étude Stanford mais ils en atténuent sensiblement les conclusions.
La corrélation entre capacité à attendre une gratification chez un enfant et son accomplissement ultérieur reste vraie. Pourtant en prenant en compte des critères de capacité cognitive, de background familial, la corrélation entre self-control et accomplissement est largement réduite. Jessica McCrory Calarco, professeure de Sociology l’Université d’Indiana explique : la capacité à attendre pour être récompensé d’un 2ème marshmallow dépend du contexte socio-économique dans lequel un enfant à grandi.
1/ un enfant aura plus de chance de réussir s’il est élevé dans une famille riche. 2/un enfant pauvre, habitué à la ‘rareté’, aura le réflexe de prendre ce qu’il peut sans attendre ce qu’il pourrait avoir.

Une étude réalisée en 2013 avait déjà démontré que la capacité d’un enfant à attendre une récompense dépendait aussi de la confiance qu’il accordait à l’obtention effective d’une récompense. Et Walter Mischel, auteur de la première étude, l’expliquait lui-même en 2014 : ce n’est pas tant le lien entre le self-control et l’accomplissement qui l’intéressait mais c’est la façon dont les enfants développaient des stratégies pour attendre : “un enfant de quatre ans peut plus facilement attendre qu’un adulte. En chantant une comptine, en se mettant les doigts dans le nez…“.

Et Walter Mischel de donner un conseil aux adultes pour ‘attendre’, apprenez la technique du ‘si-alors‘. Vous essayez d’arrêter de fumer ? Dites vous : si je veux une cigarette, alors je fais une pause et joue à un jeu sur mon téléphone”

Comme quoi, il en est des résultats des tests… Et notre conseil du jour. Si vous voyez un marshmallow, faites vous plaisir.

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