Le constat est édifiant : 18 des 20 top tech-companies sont californiennes ou est-chinoises.

Dans une économie reposant sur le modèle du winner-take-all, ces oligopoles ont accumulé en un laps de temps finalement court une puissance sans précédent. Et cela en s’appuyant sur la taille de leur marché domestique respectif et un écosystème favorable (startups, fournisseurs, consommateurs).
Dorénavant ces sociétés monopolisent les recherches internet, les medias sociaux et l’e-commerce. Mais vont-elles – elles où leurs voisines géographiques – étendre leur empire aux nouvelles disruptions dans l’automobile, les services financiers, la santé, le commerce de détail ?

Alphabet investit massivement dans le transport autonome (voiture, drones..), les maisons et les cités “intelligentes”, la santé.
Alibaba colonise la Thaïlande : Tourisme, éducation, système financier (cf. notre chronique sur la colonisation digitale).
Amazon a racheté Whole Foods Markets réalisant ainsi la fusion du monde physique avec le monde digital.
Et bien sûr chacune de ces sociétés s’est lancée dans la course à l’intelligence artificielle et la robotique.

A côté des ces monstres (GAFAM, BATX…), les Licornes. Les 274 sociétés ayant dépassé le milliard de dollars de valorisation depuis 2003 sont majoritairement américaines (148) dont les deux tiers sont plus précisément californiennes.
La Chine a créé deux fois plus de Licornes que l’Europe (69 vs. 33).
Et quand une Licorne apparait en Europe elle est souvent rachetée par une société US (cf. Skype et DeepMind) : de 2011 à 2017 le GAFAM ont acquises 65 tech-companies européennes leaders sur leur marché.

Les emplois créés par ces oligopoles profitent à leur région de naissance. 75% des salariés de Google et Facebook, 95% pour Baidu, Alibaba et Tencent.

Dans un article récent la Harvard Business Review s’interroge pour savoir comment les non-US/non-Chinoises tech-companies pourraient néanmoins émerger dans le futur.

1/ La question d’un Mur Digital
Au delà de la question de la taxation des revenus/profits des GAFAM and Co. le sujet du protectionnisme fait de plus en plus débat. Un protectionnisme caché est déjà en œuvre sous couvert de la Protection des Données (cf. la RGPD qui s’appliquera à partir du 25 mai).
Mais les adversaires du protectionnisme utilisent (avec raison ?) l’argument de l’impact économique négatif.
Difficile d’expliquer à l’administration américaine qu’elle a tort de lever des barrières sur l’aluminium et l’acier tout en voulant d’un autre côté mettre en place des barrières sur les data.
Le débat est ouvert.

2/ Faire émerger des champions locaux
Au delà d’une politique volontariste agissant sur les leviers classiques (éducation, aide à l’initiative et la prise de risque, fiscalité), c’est pour l’Europe l’enjeu de réaliser un e-marché unique.

3/ Quelle stratégie de développement pour les géants digitaux chinois ?
Pour l’instant les BATX and Co se préoccupaient principalement de remporter la bataille sur leur propre terrain (et quel terrain !). Mais la tentation de l’expansionnisme géographique se fait jour.
Ces tech-companies chinoises avancent aujourd’hui leurs pions en mode partenariat, alliance, co-entreprises. Mais devons-nous leur faire confiance pour nous aider à lutter contre leurs consœurs/concurrents américaines ?

Débats, questions, craintes…quoiqu’il en soit, notre conseil : au boulot !

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2 Comments

  1. Je partage le constat et la complexité de créer des champions en Europe mais en ce qui concerne l’exemple de Meetic, Match.com a été créé en 1995 soit presque 7 ans avant Meetic (et non 3 ans après comme vous le dites dans votre article)

    1. Merci Paul pour la correction sur cette erreur (je supprime la référence à Meetic). Je vais la signaler à la Harvard Business Review.
      Bonne soirée.

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