Télé, radio, médias sociaux, les images/sons auxquels nous sommes confrontés ces derniers jours titillent notre empathie : un accouchement dans le RER-A, Aquarius, traitement de l’immigration clandestine aux US et même Coupe du Monde de Football.

Il nous a paru intéressant de vous mettre en garde : notre empathie est sélective. L’objet de cette chronique n’étant pas de nous/vous culpabiliser mais simplement de l’objectiver.

1. Empathie et Races

Une étude de 2007, réalisée après la catastrophe Katrina de 2005, révèle a) que les personnes appartenant à une race X considèrent que les personnes appartenant à une race Y ont moins souffert – sur un plan émotionnel – que les personnes de leur propre race X ; b) que les personnes de race X avaient moins aidé les personnes d’une autre race.

Une autre étude de 2009 constate que a) l’empathie affecte une partie bien précise de notre cerveau (en l’occurrence le Cortex Cingulaire Antérieur – CCA) ; b) et que la projection d’images d’une personne de race X dans une situation de souffrance, affecte moins le CCA d’une personne de race Y qu’elle ne l’affecte pour une personne de sa race Y.

Ces résultats confirment ce que nous ressentons de manière intuitive, plus une personne nous ressemble plus nous pouvons avoir de l’empathie pour elle (ce qui peut poser un problème quand un groupe homogène dirige la politique d’un état composé de plusieurs races).

 

2. Races et déshumanisation

C’est une étude de 2015 menée essentiellement auprès d’une population de race blanche qui nous renseigne sur notre capacité – potentielle – à déshumaniser l’autre surtout s’il n’appartient pas à notre race ou même à notre groupe (en l’occurrence la nation).

Dans cette étude, il était demandé à des américains blancs de juger du niveau d’humanité (à partir d’une vision critiquable de l’humanisation, cf. ci-après) de certains groupes d’individus sur une échelle de 1 à 100. Les résultats sont édifiants : les américains blancs se sentent moins humains que les européens mais bien plus que les arabes ou les immigrants mexicains. Une autre étude menée auprès d’électeurs de l’actuel président US donnent des chiffres encore plus inquiétants.

A scale used to rate “how evolved you consider each of the following individuals or groups to be,” based on (inaccurate) images of human ancestors slowly changing to walk upright on two legs.

 

Ces deux éléments pour contribuer à votre propre réflexion… En tous cas cela nous a donné l’envie de relire le magnifique texte de Claude Levi-Strauss ‘Race et Histoire’.

 

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