Tout d’abord l’Additive Manufacturing (AM), c’est quoi (merci wikipedia) : La fabrication additive désigne les procédés de fabrication par ajout de matière, la plupart du temps assistés par ordinateur.
Donc grosso modo, c’est tout ce que l’on peut/pourra faire avec une imprimante 3D.

La RAND (Research ANd Development) Corporation s’est intéressée aux dangers de l’Additive Manufacturing en se projetant en 2040. Et ils ont identifié 4 menaces à prendre au sérieux :

1/ Sécurité des système de production
Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins (Baltimore) se sont amusés en 2016 à pirater une imprimante 3D industrielle (production de drones). Ils ont réussi à modifier des lignes de code pour altérer la qualité des hélices de drones fabriquées à partir d’une imprimante 3D.
Ils voulaient démontrer que le sabotage industriel représentait une menace sérieuse lorsque cette production est digitalisée.

2/ Fabrication d’armes
Selon les chercheurs du RAND, le problème n’est pas tant que l’AM permette de fabriquer des armes.
Le problème est que l’on ne sait pas qui va les fabriquer. Évidemment c’est ici une vision américaine. Il est moins cher aux US d’acheter un fusil d’assaut qu’une imprimante 3D. La fabrication d’armes dans des pays qui, telle la France, pratique le contrôle des ventes d’arme est forcément un problème majeur.
Précision, quand nous parlons d’arme, nous parlons de pistolet, fusil mais aussi de grenades, lance grenades…donc d’armes militaires que personne ne souhaite voir fabriquées par des terroristes ou des groupes armés.

3/ Impact sur l’emploi
L’impression 3D c’est pratique pour remplacer une pièce défectueuse en la fabriquant soi-même.
Mais surtout l’AM peut venir concurrencer de plein fouet les productions reposant sur un faible coût du travail.
Et remettre en cause le développement de certains pays (Japon avant hier, Chine hier, Afrique demain).

4/ Affaires étrangères
Au moment où le gouvernement US va ré-appliquer des sanctions économiques contre l’Iran, on peut déjà se demander quelle part de produits ne pouvant plus être importés en Iran serait substituable par des produits imprimés en 3D. Il faut se souvenir que c’est la mise en place de sanctions économiques contre l’Afrique du Sud qui a provoqué la fin de la politique d’apartheid.

De plus si chaque pays relocalise une partie de sa production ou si toutes les pièces d’une automobile, par exemple, peuvent être réalisées au même endroit, les échanges économiques entre nations vont diminuer drastiquement. Or depuis la fin de la seconde guerre mondiale, c’est le développement du commerce international qui, entre autre, a permis de vivre une période de – relative – paix.

Ces quatre menaces évoquées, il est important de parler aussi du côté ‘gentil’ de l’AM : permettre à des ONG d’intervenir plus efficacement lors de catastrophes (fabrication de pompes à eau, d’aiguilles et seringues), réalisation on-demand d’organes humains… Soyons lucides. Et confiants (ce qui est plus difficile).

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