Alors que les banques traditionnelles et les éditeurs de logiciel prennent en marche le train de l’Open Banking, Amazon a peut être déjà prévu le coup d’après…

Tout d’abord une citation de Jeff Bezos qu’il n’est pas besoin de traduire en français car tout est clair : “There are many ways to center a business. You can be competitor focused, you can be product focused, you can be technology focused, you can be business model focused, and there are more. But in my view, obsessive customer focus is by far the most protective….” 

Ensuite, découvrons le titre d’un article dans latribune.fr qui résume une étude de Deloitte sur l’Open Banking : L’avenir des banques : des usines pour les plateformes de type Gafa ?

Grosso modo les banques ont des data et, via l’Open Banking (i.e. l’obligation de les mettre à disposition de tiers grâce à des API), les plateformes vont venir piocher les informations les intéressant pour – comme les GAFA nous l’expliquent sans cynisme et pudiquement – nous délivrer une meilleure expérience utilisateur.

Ok les banques vont vendre les data et les connections des API (cf. la DBS de Singapour, la BBVA, le projet ‘Open Banking Orchestra‘). Ok les éditeurs de logiciel, les Fintech vont s’associer aux banques (soit par une offre de service complémentaire à celle des banques, soit en bénéficiant de l’infrastructure des banques en mode marque blanche). Mais s’il était trop tard. Ou pour le dire autrement si la vraie valeur, l’ultime valeur est la data, quel avenir pour les banques/fintech face aux GAFA qui possèdent déjà les data (pas toutes mais déjà une grande partie) ?

Dans une étude Bain & Company passe en revue la stratégie bancarisation d’Amazon. Tout devient limpide :

– Amazon peut proposer un carte de crédit (accord avec la Chase). Ses clients peuvent déposer du cash dans 10.000 Chase-points aux US
– Amazon a prêté 1Md$ à ses marchand en ligne en 2017
– un simple compte débit/crédit n’est pas rentable pour une banque (elle doit vous vendre des services complémentaires)
– les banques de réseaux doivent gérer et financer celui-ci (40% de leurs charges totales)
– Amazon n’a pas besoin d’être rentable dans une activité bancaire, Death Star (son surnom) gagne beaucoup d’argent ailleurs (notamment l’hébergement cloud)
– En payant un produit acheté sur Amazon avec un compte Amazon, le client ou le marchand économise une commission de 2% (Amazon génère 250m$ de commission par an aux US)
– Bain & Company, estime qu’Amazon ‘bank’ pourrait être utilisée par 70 millions d’américain d’ici 5 ans
– Après les comptes débits/crédits, rien n’empêchera Amazon de proposer d’autres services (ceux justement qui permettent aux banques d’être rentables)
– Sachant qu’Amazon a déjà toutes les data nécessaires pour bien ‘vendre’ ces nouveaux services.

Ce qui renforce la crédibilité de ce scénario c’est qu’en Asie Alibaba MyBank réalise déjà trois fois plus de paiements que Paypal.
Ce qui conforte ce scénario…c’est que Death Star a déjà séduit les jeunes consommateurs qui sont demandeurs de nouveaux moyens de paiement et de services financiers digitalisés (mobile apps, chatbot, serveurs vocaux).
Ce qui confirme ce scénario…c’est que les consommateurs sont déçus par les website de leurs banques ‘traditionnelles’.

Bon nous arrêtons là la démonstration. Si un banquier nous lisait….Pour les curieux nous vous invitons à lire dans son intégralité l’étude Bain & Company.

Similar Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *